SPIRITUALITE

Le prêtre est alter Christus. Il est l’instrument humain, vivant et libre qui voue tout son corps, toute son âme, tout son cœur et tout son esprit au service de Dieu, dans la communion avec l’évêque. Le prêtre n’est plus un homme comme les autres depuis l’onction sacerdotale.


Ce jour-là, Notre-Seigneur Jésus-Christ est devenu son unique raison d’être. Tout ce qu’il est, tout ce qu’il dit, tout ce qu’il fait, tout ce qu’il a doit être de Dieu. Toute sa vie doit se conformer à la perfection des dons reçus. Il est l’instrument de la sanctification des baptisés à travers la confection et la dispensation des sacrements, sanctificare, prolongement véritable de la vie et de l’action du Christ au plus profond de nos êtres.

Il est la bouche prophétique du Dieu incarné pour continuer à Le donner aux intelligences pour maintenir et répandre la foi et la pratique de la vie surnaturelle dans cette vallée de larmes, docere.


Il est le bras de Dieu dans le gouvernement des âmes, lorsqu’il conseille, qu’il met en garde, qu’il reprend, qu’il dirige, qu’il ordonne, gubernare.


La potestas sanctificandi agit en vertu de l’autorité de bienfaisance divine.


La potestas docendi répand l’enseignement du Verbe de Dieu.


Enfin, la potestas gubernandi entend restaurer l’autorité de l’ordre originel, par l’instaurare omnia in Christo, tout récapituler en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cette dernière est la consommation de l’esprit de Charité qui unit tout dans le Christ, qui unit toutes les volontés à la volonté de Dieu, pour le Ciel.


Si les cœurs ordonnent leurs amours selon l’amour du Christ, ils font la volonté de Dieu et s’aiment les uns les autres en Dieu.

« Or voici son commandement : croire au nom de son Fils Jésus Christ et nous aimer les uns les autres comme il nous en a donné le commandement. Et celui qui garde ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui ; à ceci nous savons qu'il demeure en nous : à l'Esprit qu'il nous a donné. » (1Jean 3, 23-24)


Les potestates docendi et sanctificandi s’accomplissent vraiment dans la potestas gubernandi.
C’est à cette dernière qu’Adam s’est attaqué, c’est cette dernière que les hommes ont le plus de mal à respecter et à suivre.


Et l’homo, qui devrait être sapiens, continue à se révolter contre l’ordre voulu par le Créateur en ce monde, pour l’autre monde.


La crise de l’Église et de la société a, me semble-t-il, la même origine : l’esprit d’indépendance. Cet esprit de révolte entend rompre le lien essentiel et vital de toute autorité avec l’autorité de Dieu.

« Il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent sont constituées par Dieu. » (Romains 13, 1)


La Révolution manifeste ouvertement cette rupture. Et dans l’Eglise, le Concile Vatican II avec son slogan révolutionnaire « liberté religieuse, œcuménisme, collégialité » rompt le lien avec l’autorité du Verbe de Dieu. L’idéologie « laïciste et démocratiste » est à la racine de cette scission sans précédent. Reconnaissons aussi que dans cette crise, au milieu des batailles, l’esprit de 68 a soufflé et souffle encore, jusque dans nos rangs, jusque dans nos œuvres de Tradition. On entend nous faire croire que, contrairement à ce que l’Écriture et la nature nous enseignent, l’autorité ne vient plus d’en haut, mais d’en bas.


Cette profanation de l’autorité dans nos sociétés « avancées » souille malheureusement l’esprit les chefs et leurs sujets. Elle corrompt la saine et nécessaire confiance réciproque. Que l’on ne s’étonne pas ensuite des excès totalitaires ou anarchiques dans la pratique de l’autorité, de l’insoumission et du relativisme des peuples. Et le désordre gâte la famille, la patrie, l’Église, toutes les sociétés voulues par Dieu.


Lorsque la transcendance de l’autorité est rejetée sinon en principe, du moins en pratique, la personne prend le pas sur la fonction. Et le mépris infecte les regards et du chef, et du sujet, quant à la fonction sacrée de l’autorité. Le chef, comme le sujet, deviennent alors incapables de se sacrifier pour le bien commun. La ligne généreuse de l’horizon, entre Ciel et terre s’affaisse vers le gouffre ténébreux de l’égoïste nombril.

 
Ravivons notre confiance en l’autorité ! L’esprit de foi nous porte à reconnaître dans nos prêtres, par delà leurs défauts personnels, les grâces d’état de leur fonction sacrée pour le gouvernement des âmes. Que chacun, à sa place, adopte cette vue surnaturelle qui permet d’oublier l’instrument humain pour voir Dieu dans la fonction.

Ainsi l’autorité et la confiance réciproque, dans la prudence et la transparence du prêtre et dans la générosité et le bon esprit du fidèle, continueront à être les meilleurs outils de la Charité ici-bas.


Abbé Marc Vernoy

en ce 150° anniversaire des apparitions de Lourdes voici une belle méditation en préparation au prochain pélerinage international du Christ-Roi sous l'égide de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X


« Le jeudi 25 février 1858, jour qui marque le milieu de la prodi­
gieuse quinzaine, un premier miracle va prouver que l'Apparition vient vraiment de la part de Dieu. Bernadette s'avance sur les genoux jusqu'au centre de la grotte où la Dame l'a précédée. "Elle me dit, a conté la voyante : 'Allez boire à la fontaine et vous y laver'." Sur son ordre, Bernadette gratte avec ses doigts le sable amoncelé. De la roche profonde d'où elle jaillit, une source a trouvé son chemin sous deux mètres de gravats jusqu'à la frêle main de Bernadette '. »

 

 

Cette source vive, inépuisable, cristalline, qui n'en finit pas d'être source et de couler, par laquelle tant de corps malades et d'âmes meur­tries ont recouvré la santé, quelle est-elle donc ? Plus profondément, de quoi est-elle le symbole ? Elle est le symbole vivant du Cœur Im­maculé de Marie, du Cœur de Celle qui à Lourdes, le 25 mars 1858, s'est nommée « l'Immaculée Conception ».

Alors pour nous, c'est une merveille de connaître cette source, de savoir où elle est, de pouvoir aller y boire et nous y désaltérer, d'y pui­ser toutes et chacune des grâces qui en découlent, puisque Jésus les lui a toutes confiées pour qu'Elle en soit la médiatrice et la distributrice. Tout le monde ne peut pas, sans doute, aller boire à la source que la Vierge Marie a fait jaillir à Lourdes, mais tous, nous pouvons aller boire, à tout instant, au Cœur de cette Mère Immaculée toujours plein de grâces, plein de la grâce dont nous avons le plus besoin.

Mais comment y puiser, par quel moyen ? Par le grand et irrem­plaçable moyen de la prière.

C'est par la prière que nous nous approchons de cette source qu'est le Cœur Immaculé de Marie. Avec la pénitence, la prière est le message fondamental de Lourdes. Une âme de prière, c'est une âme qui s'en remet de tout et pour tout au Cœur de Dieu par le Cœur de l'Immaculée, puisque c'est par Elle que nous viennent toutes les grâ­ces 2. Nous devons devenir ces âmes de prière, sous peine de mourir de soif en chemin, alors que la source est là, tout près de nous. A nous de ne pas la quitter, de ne pas l'oublier ni l'abandonner à cause de no­tre tiédeur ou de notre indifférence. Qu'il ne se passe pas un jour de notre vie sans que nous allions à cette source où Jésus a déversé toute sa sainteté pour nous la communiquer.

Si je ne vais pas prier à la source, je ne peux vivre surnaturelle-ment et saintement.

Aller à la source, c'est penser à la sainte Vierge, c'est rester en silence d'amour un moment près d'Elle, c'est lui offrir un Ave Maria, ce Je vous salue Marie qu'Elle aime tant ; c'est prier l’Angélus qui lui rappelle tout ce qu'Elle est pour Jésus et tout ce qu'Elle est pour nous.

Aller à la source, c'est s'offrir tout en­tier et tout lui offrir (nos sacrifices, nos efforts, nos luttes, nos épreuves et nos peines, nos souffran­ces et nos misè­res...).

 

Aller à la source, c'est demander con­seil à la Vierge Marie avant une action : que ferait son Cœur à ma place ?

 

Cherchons à nous tenir de plus en plus proches de l'Immaculée, chaque jour plus proches d'Elle ; alors, par là même, nous nous approcherons encore plus du Cœur de Jésus, de Dieu le Père et de toute la très sainte Trinité, parce qu'aucune créature n'est aussi proche de la Divinité que l'Immaculée.

Père Kolbe

 

Aller à la source, c'est remercier l'Im­maculée, la louer, l'aimer, lui chanter ses litanies ou un cantique en son hon­neur, seul ou avec d'autres.

Aller à la source, c'est méditer un chapelet, c'est écouter Jésus en Marie.

Aller à la source, c'est tout lui confier, absolument tout, comme à la meilleure et à la plus compréhensive des mamans...

Aller à la source, c'est boire à longs traits ou à petites gorgées l'exquise charité et la pureté sans fond de son Cœur.

Aller à la source, c'est aller se rafraîchir, se désaltérer ; c'est aller

se laver, se baigner, se purifier ; c'est aller reprendre force et vie et joie au jaillissement infini des grâces que Jésus a déposées dans le Cœur de sa Mère et la nôtre, dans le Cœur de la Maman des enfants de Dieu.


Quand la soif de la tentation m'étreint, quand le dessèchement de mes chutes et de mes défauts me décourage, quand l'aridité de la soli­tude et de mes peines m'accable, quand les tristesses et les épreuves de ceux que j'aime m'atteignent, quand je brûle de douleur de voir notre Mère Immaculée et son Jésus si peu connus, si peu aimés, par moi d'abord, et plus encore par tant et tant de pécheurs, alors j'accours à la source, j'accours au Cœur de l'Immaculée avec mon pauvre cœur chargé de confidences, de ferme espérance et d'amour, chargé de re­pentir et de résolutions, chargé de joie ou de larmes ; je lui dis tout, je lui abandonne tout, et dans cet abandon de tout moi-même à sa volon­té, je puise une paix qui n'est pas de ce monde.

Sainte Bernadette disait qu'elle aimerait mourir pour revoir la sainte Vierge, tant Elle était belle. Mais avons-nous jamais pensé quelle joie aussi avait la sainte Vierge de voir sa petite Bernadette, de voir sa hâte à venir la rejoindre à la grotte, de voir son bonheur à venir la retrouver, la prier, l'aimer et lui redire son amour et sa joie d'être son enfant ? Ainsi, pour chacun d'entre nous la sainte Vierge est si heureuse lorsque nous nous approchons de la source de son Cœur ! Oh ! cela n'a pas besoin d'être long : une maman comprend toujours son enfant ! Et nous le sommes chacun pour Elle d'une manière uni­que. Alors procurons-lui souvent dans nos journées cette joie d'un pe­tit détour près d'Elle, si court soit-il, d'une visite d'intimité d'âme à âme, pour retrouver Dieu en Elle et lui permettre d'écouler en nous son Cœur, surtout l'angoisse de son Cœur pour le salut des pécheurs.

Aller à la source, c'est lui donner le bonheur d'être notre Mère, c'est donner à son Cœur la consolation de nous faire du bien, de nous chérir tous et chacun comme étant plus spécialement à Elle.

Allons à la source, n'oublions pas la source..., la sainteté n'est nulle part ailleurs.

 

Mère Prieure des moniales dominicaines d’Avrillé

 


C’est une réalité que la vie quotidienne nous absorbe tous. Tout comme le frottement use le relief d’une pièce, l’habitude use et accapare notre attention et notre enthousiasme.

Les difficultés qui apparaissent à tout moment, la lassitude peut-être de vivre depuis tant d’années dans l’Eglise comme des parias, les échecs, tout cela casse peut-être nos ardeurs du premier jour...

...Qu’a pensé Notre-Seigneur sur les âmes ?
Tout maître d’action a en premierlieu une doctrine. Toute la pensée du Coeur de Jésus sur les âmes peut se résumer en une seule parole :

« Je suis le Bon Pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis […]je connais mes brebis et elles me connaissent. »

Voilà l ’image. La parabole estl’histoire de cet homme qui perd une brebis sur cent. Laissant les quatrevingt dix-neuf, il s’en va à la recherche de la brebis perdue. Il la ramène joyeux de l’avoir retrouvée, et on sent l’accent de cette joie dans ces paroles :

« J’ai retrouvé de nouveau ma brebis, celle qui était perdue. »

Dans ces deux passages de l’Evangile – l’image et la parabole – se trouve toute la synthèse de la pensée du Coeur de Jésus sur les âmes, c’est-àdiresur vous, chers lecteurs.
Pour Notre-Seigneur, l’âme, vos âmes, c’est le tout de l’homme. Lereste (santé, fortune) ne compte paset doit toujours lui être sacrifié.

« De quoi sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? Ou que pourra donner l’homme enéchange de son âme ? (Mat XVI, 26). »

C’est bien pour cela qu’Il disait :

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut perdre l’âme et le corpsdans la géhenne (Mat X, 28). »

Les vrais trésors sont ceux de l ’âme ; quant aux autres trésors, qu’en dit Notre-Seigneur ?

« Les vers les rongent et les voleurs les dérobent. »

En un autre passage de l’Evangile, Notre-Seigneur se complaît à dépeindre ce riche propriétaire, toujours inquiet de savoir comment préserver ses récoltes. Il fait de beaux projets de dispositions et d’agrandissement :

« Mon âme, tu as de grands biens en réserve pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais bonne chère. Mais Dieu lui dit : insensé ! cette nuit-même on te redemandera ton âme ; et ce que tu as mis en réserve, pour qui sera-t-il ? Il en est ainsi de l’homme qui amasse des trésors pour lui-mêmeet qui n’est pas riche devant Dieu. »

Voilà donc pourquoi Notre-Seigneur aimera tendrement ces âmes pour le salut desquelles il va jusqu’à donner sa vie. D’avance, dans la parabole de la brebis perdue, il nous avertit que le troupeau des âmes est difficile à régir.
Plus difficile encore que celui de la parabole. Là il n’y avait que brebis et chèvres, peuple inintelligent, sot, mais – en somme – facile à dominer pour un pasteur intelligent et fort.
Il n’en est pas de même pour nous, qui sommes à l’égal des apôtres, hommes comme eux, libres et à la merci de toutes les forces mauvaises qui luttent en nous contre la lumière. Mais au-delà de la malice et de l’obstination des hommes, Notre-Seigneur dresse l’image du pasteur : il a couru le jour et à la fin, il a retrouvé sa brebis.

« En vérité, il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur repenti que pour quelques justes qui ne sentent pas la nécessité de la pénitence. »

Ainsi Notre-Seigneur énonce la loi de l’apôtre que nous devons tous être : il ira de préférence vers les brebis perdues ou malades. Il sacrifiera tout, même les brebis fidèles en vue de cet apostolat, ne regardant ni le coût, ni la fatigue pour les retrouver.
Tous les sacrifices de l’apôtre se trouvent dans cette aventure du pasteur à la recherche de la brebis perdue. Il lui faudra un oeil exercé à la vigilance, un coeur ouvert à tous les pardons, un courage plus fort que toutes les difficultés. Il faudra qu’il sacrifie tout ce qu’il a de plus cher : sa famille, sa patrie, ses préférences de coeur, tout, pour aller d’abord chercher les âmes ingrates, difficiles et rebelles.
Dans la parabole, tout se termine bien, mais Notre-Seigneur laisse entendre quand même à l’apôtre qu’il n’en sera pas toujours ainsi et qu’il se heurtera à des âmes obstinément fermées à la lumière : il lui prédit les durs refus et les échecs que lui-même a connus.

Les âmes sont tellement chères à Notre-Seigneur qu’il n’a pas d’autres ennemis que les ennemis des âmes : le monde et les pharisiens.
• Le monde, parce qu’il est le mal et donc ce qui perd les âmes
• les pharisiens parce qu’ils sont ces aveugles qui conduisent à l’abîme ceux qui mettent en eux leur confiance. En une seule parole, Notre-Seigneur déteste le scandale provoqué par ceux qui entraînent les âmes au mal, le scandale fait aux petits et aux faibles.

Et que pense Notre-Seigneur d’une âme pure ? Elle est le reflet de Dieu, et elle est chose si belle, si précieuse, que la salir est un crime que l’homme doit fuir : mieux vautla mort que cela :

« Et si l’homme s’y risque, qu’on le noie ,dit Notre-Seigneur. »

On trouve là le principe justificateur de la sainte Inquisition qui mettait les hérétiques hors d’état de nuire aux âmes. Et ainsi se termine la doctrine de Notre-Seigneur sur les âmes. L’âme est « créature » et fille de Dieu par la grâce. Faite pour lui, son bonheur sera la future rencontre éternelle avec lui dans le royaume des cieux.

Qu’a fait Notre-Seigneur pour les âmes ?

Il a chéri les âmes. Il s’est fait chair pour être leur sauveur, voilà l’acte d’amour infini pour les âmes. Il a eu pour elles une condescendance déconcertante. Il a voulu vivre notre vie, et de la manière la plus dure, pour que nous ne puissions pas dire qu’il ne connaissait pas nos misères.
Après une telle condescendance,rien ne nous étonne de lui, et son apostolat a toutes les audaces. Ces audaces, sûres d’elles-mêmes, casseront pour toujours l’étroit particularisme juif et proclameront devant Dieu, que toutes les âmes sont, non pas d’un mérite égal, mais d’une origine commune et vont vers le même but.

Son apostolat est marqué par la patience envers ses apôtres. En effet, ils passèrent trois ans sans comprendre presque rien de ce qu’il leur enseignait. Patience dans son opposition à la haine coriace des scribes et des pharisiens, patience avec les malades, les foules curieuses devant les miracles et qui, versatiles, impressionnables, se retourneront un jour avec haine contre lui. Son zèle est prévoyant : il apporte la vérité et fixe les limites de la miséricorde divine, en disant qu’elle n’en a pas. Et finalement il fixera le signe de son grandamour : il donnera sa vie.

Il nous revient à nous de penser et d’agir comme lui. Voilà l’école et le modèle. A des degrés divers, mais sans aucune exception, nous devons être apôtres, avoir ce zèle pour les âmes, et comme celui de Notre-Seigneur, il faut qu’il s’enflamme d’amour.

Le prix d’une âme vaut tous les travaux, toutes les souffrances, tout le sang du Christ. C’est notre amour pour les âmes qui unit notre amour pour Notre-Seigneur : là est le foyer du zèle.

Je ne peux pas dire sérieusement que je l’aime si je n’ai pas la préoccupation du salut des âmes. Il est difficile d’échapper à un égoïsme subtil ou grossier, même au milieu de nos oeuvres les plus apostoliques.
Un échec nous abat souvent parce que nous ne voulons pas d’humiliation, mais le succès peut aussi nous enivrer. Notre zèle, sous peine de demeurer très diminué dans son efficacité, doit être baigné du surnaturel et de la prière. Si nous n’y faisons pas attention, instinctivement nous suivrons la pente de nos préférences dans notre apostolat de laïcs.

Nos choix et nos exclusions seront influencés non pas par les nécessités des âmes et la préoccupation de leur plus grand bien, mais par des attractions ou des répulsions trop humaines.
La tendance à la sécularisation nous guette là aussi.

Coeur sacré de Jésus, envoyez-nous des âmes de feu qui brûlent de charité pour sauver les âmes.

Abbé Xavier BEAUVAIS †

 

Supposons que nous ayons appris un excellent catéchisme durant notre enfance. Supposons que nous nous en souvenions très bien, parce que nous avons le souci de le relire de temps en temps. Cela est-il suffisant ? Il faut répondre énergiquement : Non !

On nous a enseigné des mathématiques à l’école primaire. Lorsque nous sommes entrés au collège, a-t-on considéré ces connaissances mathématiques comme suffisantes ? Non. Notre intelligence s’étant développée, on nous a enseigné les mathématiques de façon plus approfondie.

Cela a-t-il été considéré comme suffisant lors de notre entrée au lycée ? Non. Notre intelligence s’étant encore développée, il fallait mieux.

Le processus s’est-il arrêté dans l’enseignement supérieur ? Non encore. Notre intelligence parvenant à maturité, il lui fallait désormais les connaissances mathématiques proportionnées.

 

Devoir d’instruction

Eh bien ! notre intelligence s’est également développée en ce qui concerne les problèmes religieux. Nous ne les abordons plus comme quand nous avions 10 ans. Au fil de la vie, nous avons considérablement élargi notre champ de conscience religieuse.

Il est donc absolument anormal que, quand notre intelligence a atteint les 20 ans, 30 ans, 40 ans, etc., nos connaissances religieuses soient restées obstinément bloquées à l’âge de 10 ans.

Nous avons le grave devoir de nous instruire religieusement en proportion de notre instruction profane et de nos responsabilités personnelles, familiales et professionnelles.

 

Le monde nous regarde

Ce devoir d’instruction religieuse, nous l’avons d’abord par rapport à nous-mêmes. La plupart des gens perdent la foi ou se réfugient dans un fidéisme malsain parce qu’ils ne savent pas résoudre des objections pourtant assez simples, mais que le catéchisme élémentaire n’avait pas forcément vocation à traiter.

Ce devoir d’instruction touche particulièrement les parents, qui sont par fonction les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants. Or, l’expérience montre (et le bon sens confirme) que pour enseigner correctement, il faut savoir, et savoir beaucoup.

Ce devoir d’instruction touche aussi particulièrement tous ceux qui ont un rayonnement social (professionnel, mondain, associatif, etc.). Le monde nous regarde. Il attend de nous une parole de vérité. Si, par notre ignorance, nous y faisons obstacle, nous sommes coupables.

 

S’instruire pour vaincre

Alors, il faut s’instruire. Ne pas le faire serait se mettre dans l’occasion de pécher par ignorance de ce que nous devrions savoir, par injustice vis-à-vis des ignorants.

On peut s’instruire de mille et une façons. La première et la plus simple est évidemment d’avoir chez soi des ouvrages d’instruction religieuse et de les lire (et étudier, et relire).

Il existe aussi (c’est plus facile pour certains) des cours de catéchisme pour adultes. Ceux-ci ne sont pas réservés aux catéchumènes. Tous sont invités à les suivre.

On peut aussi écouter des conférences, des sermons, soit directement, soit enregistrées, suivre des sessions, des retraites.

Bref, il y a de multiples moyens, adaptés à chaque cas personnel, mais un seul but : la connaissance de la foi nécessaire pour aller nous-mêmes au Ciel, et pour guider vers le salut les âmes que la Providence met sur notre chemin. 

« La vie éternelle, c’est qu’ils vous connaissent, vous le seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17, 3).



source Apologétique - La Porte Latine

 

 

La sainteté du prêtre, nous la réclamons souvent de manière intéressée. Ne dit-on pas qu’un saint prêtre est une bénédiction pour son troupeau ? Rien n’est plus vrai. Mais s’arrêter là serait oublier l’essentiel. 

On raconte de saint François de Sales qu’il avait le privilège de voir son ange gardien. A partir du jour de son ordination sacerdotale, l’ange refusa de le pré-céder comme auparavant, mais le laissait passer en premier, par déférence pour le sacerdoce qui habitait le nouveau prêtre. L’ange était en admiration devant cette merveille de la grâce divine qu’est le sacerdoce. 

Que dire d’un vase splendide quand de surcroît il est rempli du nard le plus précieux ? Que dire d’une âme sacerdotale totalement dépouillée d’elle-même qui serait habitée et envahie par la charité même du Christ ? A n’en pas douter, elle provoquerait non plus l’admiration d’un ange, mais l’extase de toute la cour céleste. Elle lui révélerait alors la richesse multiforme et surabondante de la grâce cachée en Dieu depuis l’origine des siècles (cf. Eph 3, 9-19), alimentant ainsi la louange céleste et par là même la gloire de Dieu. 

A n’en pas douter, le sacerdoce catholique est le chef d’oeuvre de la création. Lorsque nous prions pour la sainteté des prêtres, nous prions pour que la Ré-demption opère en eux tous ses effets, et qu’ainsi Dieu soit loué par les plus belles de ses créatures. 

Un prêtre saint, nous le voulons encore pour l’offrir à Notre-Seigneur et ainsi le consoler. N’a-t-il pas précisément voulu avoir au pied de sa Croix, comme plus belle consolation après sa sainte Mère, une sainte âme de prêtre en la personne de saint Jean ? 
Prier de manière désintéressée pour la sainteté des prêtres, afin qu’ils soient en tout premier lieu une digne louange de Dieu.



extrait du bulletin des foyers adorateurs de novembre
Mot de Monsieur l'abbé

 

 

Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : ils seront appréciés de leur entourage.

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace : votre route sera ensoleillée.

Heureux êtes-vous si vous êtes capable d’interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui, même si les apparence sont contraires : vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.

 

Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes : ils n'ont pas fini de s'amuser.

 

Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière : il leur sera épargné bien des tracas.

 

Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter : ils apprendront des choses nouvelles.

Bienheureux ceux qui pensent avant d'agir et qui prient avant de penser : ils éviteront bien des bêtises.

 

Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsqu'on vous coupe la parole, lorsqu'on vous contredit ou qu'o vous marche sur les pieds : l'Évangile commence à pénétrer dans votre cœur.

 

Bienheureux surtout vous qui savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière, vous avez trouvé la véritable sagesse

 

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Chapelle Notre-Dame du Rosaire

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56 Avenue Emile Zola - Lille

169 Avenue Saint Maur - La Madeleine




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