COMBAT ANTI-MODERNISTE

Lettre ouverte à Son Excellence Monseigneur Armand Maillard, Archevêque de Bourges





Monseigneur,
Je lis aujourd'hui dans le journal "La Nouvelle République" un article consacré à votre rencontre diocésaine à Pellevoisin. Selon cet article, Votre Excellence n'aurait pas apprécié que se tienne une session de formation de France Jeunesse Civitas à Châteauroux le week-end des 21 et 22 février.

Voilà qui m'étonne, Votre Excellence. Comment le fait que des jeunes gens conservent en 2009 le souci de se former durant un week-end à la Doctrine Sociale de l'Eglise peut-il entraîner autre chose qu'un sentiment de joie chez un Archevêque de France ?

Le même article précise à propos de cette session de France Jeunesse Civitas : "Lors de ce week-end, cent cinquante participants, âgés de 16 à 35 ans, invités "à s'engager pour que nos nations redeviennent chrétiennes", ont eu droit à l'intervention d'Alain Escada, partisan de "l'instauration de la royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier".

Le journaliste ajoute que ceci vous est "insupportable" et que, pour vous, "on n'est pas loin d'une secte".
J'ai beaucoup de chagrin à penser que Votre Excellence trouverait insupportable que s'instaure la royauté sociale du Christ sur la France et les Français.

Je préfère rappeler à nos jeunes filles et garçons cette citation du Cardinal Pacelli, futur Pie XII, extraite de son Allocution à Notre-Dame de Paris, le 13 juillet 1937 :
"(...) que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ Prince de la paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs."
Ou encore cette autre citation de Pie XII adressée aux Français en 1940 :
"La France a partie liée avec le Christ qui n'a jamais été vaincu et ne le sera jamais."

Ces propos d'un Souverain Pontife seront-ils également insupportables aux oreilles de Votre Excellence ?

Quant à la question des sectes, je tiens à informer Votre Excellence qu'aujourd'hui-même se tenait au Parlement européen de Bruxelles une journée consacrée à "La laïcité de l'Union européenne" avec pour intervenants notamment des représentants du Grand Orient de France, du Grand Orient de Belgique, de la Grande Loge Féminine de France, de la Grande Loge Féminine de Belgique, ainsi que... le Porte-parole des Evêques de Belgique.

Certes, Votre Excellence, il y a sans doute parfois au sein même de l'Eglise un curieux attrait vers la secte. Mais il ne se situe certainement pas où Votre Excellence a cru l'apercevoir.

Je tiens en tout cas à assurer Votre Excellence du sincère dévouement des jeunes gens de France Jeunesse Civitas à la cause de la Foi catholique. Que Votre Excellence soit assurée des prières de ces jeunes gens en ce temps de Carême.
Daigne, Votre Excellence, agréer l'expression de mon filial respect.

Alain Escada,
président de France Jeunesse Civitas

Que grâce soit rendue

 



Dossier complet sur la Porte Latine



Le 8 septembre 2006, à grand renfort de publicité, fut fondé l’Institut du Bon Pasteur (IBP). Déclaré de droit pontifical, relevant donc directement du Saint Siège et non des évêques locaux, l’IBP a ainsi reçu le pouvoir d’ouvrir des séminaires, de prendre en charge des paroisses personnelles c'est-à-dire des lieux de culte regroupant des fidèles désireux de suivre la liturgie traditionnel et de profiter de la vie paroissiale qui en découle. Il peut aussi incardiner des prêtres et des diacres, appeler aux ordres mineurs et majeurs des candidats jugés aptes au sacerdoce. Ses statuts vont même jusqu’à spécifier que la liturgie traditionnelle est déclarée «rite propre de l’Institut dans tous ses actes liturgiques»(1) et que les membres habilités peuvent «émettre des critiques sérieuses et constructive de Vatican II pour permettre d’en donner une interprétation authentique». Certes, l’IBP n’a obtenu aucun évêque issu de ses rangs, mais à quoi bon dit-on, puisque dans la pratique, conformément au droit canonique, tous les évêques du monde entier peuvent conférer les saints Ordres aux membres de l’Institut et administrer la confirmation chaque fois que l’IBP en fera la demande..

En présence de tels privilèges concédés, certains prophétisèrent l’inévitable déclin de la Fraternité Saint Pie X, car toutes les revendications de cette dernière étaient satisfaites dans le nouvel Institut, l’octroi d’un évêque excepté. Ces prophètes de malheur annoncèrent que les séminaires de la FSSPX verraient leurs effectifs chuter, que l’apostolat de ses prêtres allait devenir stérile du fait de l’entêtement de ses supérieurs et qu’une dérive sectaire et schismatique était quasiment inévitable.

Le 1er février 2007, nouveau succès! L’IBP obtient sa première paroisse personnelle à Bordeaux, un séminaire est ouvert en France tandis que deux districts voient le jour: l’un en France et l’autre en… Amérique du Sud! Tous les deux dirigés par des transfuges de la FSSPX. Les vocations affluent, un pré-séminaire est fondé à San Paulo au Brésil, tandis qu’une messe d’ordination est célébrée en la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome. En Amérique du Sud des maisons sont ouvertes à Santiago du Chili, à Sao Paulo au Brésil et à Bogota en Colombie. Devant de telles réalisations, la méfiance de la FSSPX à l’égard des intentions de Rome paraît sans consistance. Quelques prêtres et séminaristes de la FSSPX se laissent séduire par l’œuvre nouvellement fondée et s’y agrégent. Tout semble aller pour le mieux, jusqu’à…

L’année suivante, en 2007, l’enthousiasme commence à retomber. A Bogota, le cardinal fait savoir que l’IBP était persona non grata et qu’il ne pourrait y exercer un apostolat officiel.

Au mois de mars de l’année 2008, le cardinal de Santiago signifie à Monsieur l’abbé Navas, Supérieur de District de l’Institut en Amérique Latine, que l’IBP a 6 mois pour faire ses valises et terminer tout apostolat dans la capitale chilienne. Au même moment, l’archevêque de San Paulo au Brésil informe le prêtre de l’Institut qu’il n’a pas besoin des services de l’IBP dans son diocèse.

Pour finir, le 5 août dernier, l’IBP quitte le Brésil et termine tout apostolat dans le pays. Aujourd’hui, en Amérique du Sud l’IBP n’a plus aucun apostolat reconnu par les évêques. Tandis qu’au même moment, un prêtre argentin de l’Institut demandait à rejoindre la FSSPX…

De tels faits, loin de nous réjouir, ne peuvent que nous affliger car des prêtres et des fidèles sont sortis meurtris de ce fiasco. Cependant nous ne pouvons pas nous empêcher de penser que tout cela aurait pu être évité. Les craintes de la FSSPX étaient donc fondées!

Pourquoi Rome a-t-elle favorisé l’érection de l’Institut du Bon Pasteur? Est-elle convaincue que seul un retour à la Tradition peut guérir le mal qui ronge l’Eglise de l’intérieur? Est-elle persuadée de la supériorité de la Messe Traditionnelle sur celle de Paul VI? Veut-elle revenir peu à peu à l’usage de l’ancien Rituel des sacrements pour le bien des âmes? La réponse est négative.

Depuis des années, Rome essaie d’établir un équilibre politique entre son aile traditionnelle et son aile progressiste et voudrait, avec le temps, en faire la synthèse. Un coup à droite, un coup à gauche! Voilà pourquoi, hier, Rome a concédé l’érection de l’IBP et qu’elle approuve aujourd’hui les statuts du Chemin Néocatéchuménal, société religieuse qui s’éloigne de façon impressionnante dans son enseignement comme dans sa pratique de la Tradition catholique.

Force est de constater que Rome reste toujours fortement imprégnée d’ esprit libéral. De fait, la marche forcée de l’œcuménisme continue.

L’IBP, comme toutes les familles religieuses qui ont signé un accord pratique avec Rome, se tait. Personne n’a osé émettre des critiques sur la visite récente du Pape à la Synagogue, ou confronter à la doctrine traditionnelle l’apologie du libéralisme américain que fit le Pape Benoît XVI à son retour des Etats-Unis.

Seule la FSSPX rappelle à temps et à contre temps que de tels évènements sont en rupture avec la Tradition et l’enseignement des Papes. Il nous faut malheureusement constater, que la diffusion de la Vérité, l’extension du règne du Christ-Roi et le salut des âmes ne sont plus les seuls critères qui guident les décisions romaines.

L’érection de l’IBP a été une décision politique visant à favoriser une «légitime sensibilité traditionnelle» dans l’Eglise mais sans remise en cause de l’esprit de Vatican II. Les évêques d’Amérique du Sud y ont vu un péril pour les acquis du concile Vatican II, ils ont refusé son implantation et Rome a cédé! Malgré quelques signes positifs, les autorités romaines ne veulent pas encore d’un retour à la Tradition. L’IBP n’est donc qu’en liberté surveillée!

Cet échec montre aussi qu’aujourd’hui Rome n’a plus l’autorité suffisante pour faire respecter ses décisions. Nous le constatons chaque jour dans l’application du Motu Proprio au sujet de la messe Tridentine. Le lâchage de l’IBP n’est que la confirmation de cette impuissance. Animée par de faux principes, Rome et les évêques ne veulent plus exercer leur autorité sauf pour condamner la FSSPX. Nous l’avons vu récemment à Corrientes lors de l’inauguration de notre chapelle.

Mais une relecture des textes du concile Vatican II à la lumière de la Tradition est-elle possible? L’IBP qui s’était donné la possibilité de par ses statuts de faire «des critiques sérieuses et constructives» sur les textes les plus controversés est restée bien silencieuse sur ce sujet jusqu’à ce jour.

Le Révérend Père Calmel op, répond avec beaucoup de clarté à cette question: «On sait depuis longtemps que ce sont des textes [les textes conciliaires, N.d.l.R.] de compromis. On sait encore qu’une fraction modernisante voulait imposer une doctrine hérétique. Empêchée d’aboutir, elle est quand même parvenue à faire adopter des textes non formels ; ces textes présentent le double avantage pour le modernisme de ne pouvoir être taxés de propositions carrément hérétiques, mais cependant de pouvoir être tirés dans un sens opposé à la foi. Nous attarderons-nous à les combattre directement? Un moment nous y avons pensé. La difficulté c’est qu’ils ne donnent pas prise à l’argumentation; ils sont trop mous. Lorsque vous essayez de presser une formule qui vous parait inquiétante, voici que, —dans la même page— vous en trouvez une autre entièrement irréprochable. Lorsque vous cherchez à étayer votre prédication ou votre enseignement sur un texte solide, impossible à tourner, propre à transmettre à votre auditoire le contenu traditionnel de la foi et de la morale, vous vous apercevez bientôt que le texte que vous avez choisi au sujet par exemple de la liturgie, ou du devoir des sociétés à l’égard de la vraie religion, ce texte est insidieusement affaibli par un second texte qui, en réalité, exténue le premier alors qu’il avait l’air de le compléter. Les décrets succèdent aux constitutions et les messages aux déclarations sans donner à l’esprit, sauf exception rarissime, une prise suffisante».(3)

Jean Madiran confirme aussi cette analyse: «Les textes conciliaires ont été complétés (dans le cas de la Nota praevia) ou même rédigés d’une manière suffisamment traditionnelle pour pouvoir être votées par une quasi-unanimité, et cependant d’une manière suffisamment astucieuse pour permettre, comme la suite l’a montré, des développements ultérieurs qu’à l’époque les pères conciliaires auraient refusés».(4)

Au milieu de cette tempête qui ne semble se prolonger, se dresse la noble figure du Pape Pie XII décédé il y a tout juste cinquante ans, le 9 octobre 1958. Il fut le dernier pape à proposer avec force une solution totalement catholique à la crise qui déjà secouait le monde et commençait à miner l’Eglise. Il faut relire sa première encyclique. Elles constituent tout un programme qui se fait l’écho de Saint Pie X qu’il canonisa:

«Peut-il y avoir un devoir plus grand et plus urgent que «d’annoncer les insondables richesse du Christ»(5) aux hommes de notre temps? Et peut-il y avoir chose plus noble que de déployer «les étendards du Christ Roi» —Vexilla Regis— devant ceux qui ont suivi et suivent des emblèmes trompeurs, et de regagner au drapeau victorieux de la croix ceux qui l’on abandonné? (…) La reconnaissance des droits royaux du Christ et le retour des individus et de la société à la loi de sa vérité et de son amour sont la seule voie de salut. (…) La rééducation de l’humanité, si elle veut avoir quelque effet, doit être avant tout spirituelle et religieuse: elle doit, par conséquent, partir du Christ comme de son fondement indispensable, être réalisée par la justice et couronnée par la charité. (…) Quand fut affaiblie la foi en Dieu et en Jésus-Christ, quand fut obscurcie dans les âmes la lumière des principes moraux, du même coup se trouva sapé le fondement unique, et impossible à remplacer, de cette stabilité, de cette tranquillité, de cet ordre extérieur, privé et public, qui seul peut engendrer et sauvegarder la prospérité des Etats».(6)

Nous espérons qu’un jour de telles paroles retentiront à nouveau depuis la Chaire de Pierre! Cela demandera peut-être du temps, mais ce jour viendra car nous croyons en la promesse du Christ de ne pas abandonner son Eglise et son Vicaire. En attendant il nous faut demander la grâce de la fidélité, tenir, prier, agir, faire pénitence et supplier Notre Dame de nous accorder cette restauration de la Tradition qui ne pourra venir que de Rome. Comme nous l’a recommandé Monseigneur Fellay, faisons monter notre supplication vers le ciel lors de notre rosaire quotidien récité à cette intention. L’avenir de l’Eglise et du monde en dépend!

Dieu vous bénisse!

Abbé Christian Bouchacourt
Supérieur du district d'Amérique du Sud de la Fraternité Saint Pie X

Un sas.

Cela sert à passer d’un milieu à un autre quand on ne veut pas mélanger les deux milieux. Par exemple, pour entrer ou sortir d’un sous-marin sans faire pénétrer l’eau dans le sous-marin, ou pour passer d’une zone contaminée à un zone saine sans contaminer la zone saine.

Comme je viens de le dire, cela sert à sortir ou à entrer. Cela dépend du sens dans lequel on l’utilise ... et du point de vue où l’on se place.

En soi, un sas n’est pas un lieu de vie, mais un lieu de passage. Si l’on y vit, ce n’est que temporairement. La vie, la vraie, se déroule en dehors du sas. On ne reste pas enfermé dans un sas : sinon on y meurt, peut-être pas tout de suite, mais à la longue.

Cette description me semble bien s’appliquer aux divers regroupements de catholiques qui se réclament du motu proprio « Ecclesia Dei afflicta ». Le sas dont il s’agit est un sas entre deux milieux incompatibles : le milieu de la foi catholique et le milieu des erreurs modernes, le milieu de ceux qui se battent pour la défense de la foi et celui de ceux qui acceptent les erreurs.

Initialement, ce sas a été mis en place pour être un sas de sortie : la sortie du combat de la Foi. Il s’agissait de vider le mouvement traditionnel de ses troupes avec un épouvantail et une carotte. L’épouvantail du schisme et de l’excommunication et la carotte de la Tradition protégée par Rome. Seulement voilà : s’ils pouvaient garder la Tradition, les ‘catholiques affligés’ n’avaient pas le droit de se battre, de combattre les erreurs. Ils devaient, soit réintégrer les rangs officiels, soit cesser le combat en restant dans ce sas qui devint bientôt une sorte de ghetto, une réserve pour les indiens de la Tradition.

Comme nous l’avons vu, un sas n’est pas un lieu de vie. Même si le sas a été aménagé pour prolonger l’attente de ceux qui s’y sont enfermés, il n’est, de par sa nature, qu’un lieu de passage. En ce sens, le sas Ecclesia Dei est une impasse. Aussi, l’attente dans ce sas a, on le conçoit, quelque chose de désespérant. Il reste alors un moyen pour se consoler : faire nombre, se dire que ce lieu est un bon endroit de vie puisque beaucoup de monde s’y retrouve. Il n’y a qu’à voir l’ardeur de ceux qui cherchent à constituer partout des ‘groupes stables’ pour le motu proprio de Benoît XVI … en oubliant que les groupes vraiment stables existent depuis longtemps et vivent de leur belle vie en menant le bon combat de la Foi.

Mais l’accroissement numérique ne reste que quantitatif. Il ne peut pas changer l’inactivité en combat. Le sas reste un sas, et il faut tôt ou tard en sortir… d’un côté … ou de l’autre. « Nul ne peut servir deux maîtres » : c’était l’évangile de dimanche dernier.

Et là, les choses deviennent intéressantes ! Car, pour faire nombre, les « catholiques affligés » avaient du recruter … y compris chez les modernes. Et parmi ces derniers, nombreux sont ceux qui sont entrés dans le sas et ont pris goût à la Tradition. Et comme ils comprenaient bien qu’on ne vit pas indéfiniment dans un sas, certains ont fini par rejoindre les rangs du bon combat de la Foi. On peut imaginer le dépit de ceux qui avaient conçu le sas pour vider la Tradition : voilà que ce sas fonctionnait dans les deux sens !

Est-ce là l’explication de ce qu’on a appelé « l’ultimatum » ? Il s’agissait de nous interdire de combattre les erreurs quand elles étaient proposées par le pape. Etait-ce un rappel que le combat des erreurs était prohibé par le Vatican ? Une tentative pour mettre un sens unique à l’entrée du sas ? Je n’en sais rien : je ne connais pas le secret des coeurs.

Ce qui est sûr, c’est que nos « catholiques affligés » sont vraiment dans une triste situation. Ils pensaient pénétrer l’Eglise de l’intérieur pour la ramener à sa Tradition et voici que les portes du sas commencent à se refermer.

Jadis, du temps de leurs combats pour la Tradition, ils étaient au coeur de l’Eglise et accumulaient victoires et mérites. Maintenant, ils se retrouvent en marge de l’Eglise officielle, considérés avec méfiance par ceux là même avec qui ils sont censés travailler… et tout cela, sans avoir rien gagné quant à leur place dans l’Eglise. Au contraire : ils ont perdu leur place d’honneur, au coeur du combat de la Foi et de la Tradition.

Parmi ces catholiques affligés, certains ont trahi en abandonnant consciemment le bon combat : nous les confions à la miséricorde de Dieu ; d’autres ont abandonné le combat par aveuglement : nous prions Dieu de les éclairer ; d’autres enfin se sont faits piégés et – peut-être – n’osent pas faire marche arrière : nous prions Dieu de leur donner le courage de faire amende honorable et de reprendre le bon combat.

Abbé Jean-Baptiste Frament

Depuis environs cinquante ans, la quasi-totalité des pays catholiques a renoncé à l’être officiellement. Tous sont atteints par le même mal, celui de l’athéisme et du laïcisme, minés par un désordre social et économique qu’aucun remède ne semble vouloir soigner. A cela s’ajoute une terrible décadence morale que les adversaires de l’Eglise parviennent à imposer avec plus ou moins de succès selon la résistance qu’ils rencontrent. Parfois ces projets, comme l’avortement, la contraception, la légalisation de l’homosexualité, l’éducation sexuelle dans les écoles, sont contrariés et retardés dans leur application grâce au courage de quelques évêques et hommes politiques, mais, curieusement, ils ne sont jamais abandonnés. Les ennemis de l’Eglise et de la chrétienté jouent sur l’usure du temps. Ils savent que leurs idées s’imposeront tôt ou tard, efficacement relayées et diffusées par les médias qu’ils possèdent de façon quasi exclusive.

Pendant ces cinquante dernières années, dans certains pays, il y a bien eu quelques tentatives pour sauver la société catholique, mais les efforts n’ont eu aucun effet durable. Il y a comme une malédiction qui semble stériliser toutes les entreprises de restauration catholique tandis que nos adversaires surfent sur la vague du succès. Pourquoi donc?

Ils sont aussi nombreux les laïcs généreux, désabusés par les échecs à répétitions, tentés par l’abandon du combat. Quelques uns enfin estiment qu’il n’y a plus rien à faire si ce n’est attendre “les évènements” imminents annoncés par des apparitions plus ou moins douteuses. Et pourtant rien n’arrive… tandis que la dégringolade religieuse, économique, sociale s’accélère. Jusqu’où iront les ennemis acharnés de l’Eglise? Pourquoi parviennent-ils à réaliser avec tant de succès leur funestes entreprises?

L’Eglise est elle-même atteinte par ce même syndrome d’autodestruction. Pourquoi? La crise qu’elle traverse a sa part de mystère comme la Passion de Notre Seigneur a la sienne. Cependant, on peut désigner avec certitude les autorités coupables de la mort du Christ : Les chefs des prêtres juifs. Ils ont donné la main aux autorités politiques pour condamner le Christ et éradiquer l’influence extraordinaire qu’Il exerçait sur les foules et dont ils étaient jaloux. Ce sont ces autorités religieuses juives qui ont traîné le Christ devant les tribunaux civils et obtenu sa condamnation à mort.

Aujourd’hui c’est cette même collusion des autorités religieuses avec les dirigeants politiques qui est en train de condamner à mort la société catholique. Les souverains pontifes et les évêques nommés par eux, imprégnés de modernisme et de libéralisme depuis Jean XXIII, sont les principaux responsables de la désintégration de la société chrétienne qui semble inéluctable. Lors du dernier concile, ils ont pensé qu’il était possible de catholiciser les principes de la Révolution Française comme le dira plus tard le Cardinal Ratzinger lui-même. C’était vouloir baptiser le diable…Cette union contre nature de l’Eglise avec la Révolution est la cause des maux qui accablent l’Eglise et la société civile. Ces principes concoctés dans les loges maçonniques, ont fait entrer “les fumées de Satan” dans l’Eglise et tué l’âme des sociétés catholiques.

Récemment, un évêque qui me recevait, m’avoua que lui-même avait eu du mal à appliquer certaines réformes et à accepter quelques textes du dernier concile. Mais, m’a-t-il dit, “en suivant le Pape, j’étais sûr d’être dans le vrai. Donc, j’ai donc tout accepté”. Avec de tels principes, Saint Paul n’aurait pas dû résister à Saint Pierre et alors les baptisés que nous sommes serions encore tous soumis à la circoncision et aux pratiques étroites de la religion judaïque ! Saint Athanase n’aurait ni arrêté l’hérésie arienne ni été canonisé malgré son opposition au pape. En écoutant ces objections, l’évêque poussa un soupir et détourna la conversation vers un autre sujet…

L’Eglise et la société souffrent de la démission des évêques qui n’osent plus ni enseigner la saine doctrine ni dénoncer l’erreur. Pour beaucoup, le rétablissement du règne social de notre Seigneur est un idéal soit suranné soit inatteignable, aussi louent-ils le pluralisme religieux dans la société et le revendiquent mais refusent tout statut privilégié pour l’Eglise.

Je voudrais que vous compariez ces deux textes qui vont suivre. Ils valent mieux qu’un long discours. Le premier a pour auteur saint Pie X:

“Basé en effet sur ce principe que l’Etat ne doit reconnaître aucun culte religieux, Cette thèse est tout d’abord très gravement injurieuse pour Dieu (…) En outre, c’ est la négation très claire de l’ordre surnaturel. (…) Cette thèse bouleverse également l’ordre très sagement établi par Dieu dans le monde, ordre qui exige une harmonieuse concorde entre les deux sociétés. (…) Enfin, cette thèse inflige de graves dommages à la société civile elle-même, car elle ne peut pas prospérer ni durer longtemps lorsqu’on n’y fait point sa place à la religion, règle suprême et souveraine maîtresse quand il s’agit des droits de l’homme et de ses devoirs”.(1)

Le second texte est de Monseigneur Levada:

“Grâce à la constitution des Etats-Unis, nous sommes venus à la vie dans un pays qui nous garantit le droit naturel à la liberté religieuse. Nous avons tous le droit de professer notre foi en accord avec notre conscience. L’interdiction envers le gouvernement de professer une religion particulière lui a permis d’adopter une attitude « désintéressée » envers toutes les fois religieuses; (…) L’Eglise, en effet, admet et partage avec enthousiasme l’interdiction constitutionnelle d’établir une religion d’état ou d’entraver son libre exercice”.(2)

Ne croyez-vous pas que ce dernier texte est en rupture totale avec l’enseignement traditionnel de l’Eglise? L’auteur de ces dernières lignes est aujourd’hui cardinal de la sainte Eglise et a été promu… préfet de la Congrégation pour la Foi! Le pape Benoît XVI à son retour des Etats-Unis, il y a quelques semaines, à repris presque mot pour mot ces considérations. Ce sont ces principes qui ont condamné à mort la chrétienté et rendu vaine toute tentative de restauration catholique depuis de nombreuses années.

L’Eglise a besoin d’évêques intégralement catholiques qui se fassent l’écho de Grégoire XVI, de Pie IX, de Léon XIII, de Saint Pie X, de Pie XI ou de Pie XII qui l’illuminèrent de leurs enseignements. Ces papes surent professer la vérité et dénoncer l’erreur. L’Eglise et la société civile manquent de docteurs de la foi, ardents, convaincus que la Tradition catholique n’est pas surannée. Nous souffrons de constater qu’aucun évêque en charge d’un diocèse, n’est lucide sur les origines de la crise que nous traversons. Aucun ne veut revenir à la Tradition catholique prêchée et appliquée dans son intégralité. Aucun ne veut porter un regard critique sur les textes du dernier concile en rupture avec cette Tradition comme le sont ceux qui traitent de l’œcuménisme, de la liberté religieuse et de la collégialité. Aucun de manière officielle et habituelle ne veut revenir à la messe traditionnelle et aux sacrements qui ont sanctifiés des générations de catholiques.

Nous supplions les évêques de nous parler du “Dieu qui s’est fait homme” et de sa doctrine salvatrice et non de “l’homme qui s’est fait dieu” comme ils le font trop souvent. Nous leur demandons d’éclairer nos intelligences et de fortifier nos volontés pour nous aider à aimer Dieu et le suivre. Qu’ils cessent d’exalter la conscience humaine libre de toute entrave et souveraine.

C’est parce qu’aucun évêque ne remplissait ce rôle sublime, qu’il y a 20 ans Monseigneur Lefebvre consacra quatre évêques afin de suppléer à ces tragiques déficiences. Il ne voulait pas que nous restions orphelins après sa mort. Ce fut “l’opération Survie”(3) qui sauva le sacerdoce et la Tradition catholique. Où serions nous aujourd’hui sans cet acte providentiel? Notre fondateur, le 30 juin 1988, a posé un acte héroïque de charité en consacrant quatre évêques sacrifiant ainsi sa réputation pour le bien des âmes et celui de l’Eglise.

Depuis 20 ans, certes on discerne quelques avancées positives comme le Motu Proprio, mais en fait, la situation reste inchangée et l’erreur est plus subtile à discerner que jamais. En juin dernier, lors des ordinations sacerdotales qu’ils conféraient à des séminaristes de la Fraternité Saint Pierre, le Cardinal Castrillon Hoyos durant son sermon, exhorta les prêtres à concélébrer avec leurs évêques “au moins a la messe chrismale et toutes les fois qu’il conviendra de manifester la pleine communion ecclésiale”. De même, il y a quelques semaines, cette même Fraternité s’est vue confiée une paroisse personnelle à Rome, mais a dû accepter en contrepartie, qu’une nouvelle messe y soit célébrée chaque dimanche par un prêtre venant de l’extérieur. Il y a 20 ans le cardinal Ratzinger avait eu la même exigence envers Mgr Lefebvre lui demandant qu’une messe de Paul VI soit célébrée chaque dimanche à saint Nicolas du Chardonnet à Paris. Non! La situation n’a pas fondamentalement changé depuis 20 ans… Le concile reste intouchable. Comment voulez-vous que nous ayons confiance en face de faits qui parlent d’eux-mêmes? La Fraternité Saint Pie X, avec quelques sociétés amies, est la seule à rappeler ces vérités et souligner ces erreurs. Toutes les communautés religieuses qui ont signé un accord avec Rome ces derniers temps sont devenues muettes et inopérantes pour la restauration de la Tradition. C’est la triste réalité.

Chers fidèles, l’état de nécessité demeure plus que jamais et plus que jamais nous avons besoin des quatre évêques auxiliaires de la Fraternité Saint Pie X pour nous fortifier dans la foi et nous sanctifier. Que Dieu les soutienne, qu’ils soient remerciés de leur inlassable dévouement pour nos âmes et assurés de nos prières reconnaissantes.

Prions et faisons pénitence pour l’Eglise et le pape. Supplions Dieu de convertir les évêques du monde entier afin qu’ils retrouvent leur voix. De cela dépend le salut de millions d’âmes et le succès de toute restauration catholique.

Dieu vous bénisse!

+ Padre Christian Bouchacourt, Superieur du District d'Amérique du Sud

Mon Père,

 Dans le n° 161 de la revue DICI, a été publiée la réponse que vous avez faite à un fidèle attaché à la Tradition, qui vous interrogeait sur la possibilité de voir diffuser la messe tridentine dans l’émission « Le jour du Seigneur » suite à la promulgation du Motu Proprio du Pape Benoît XVI.

 Votre réponse négative est motivée par le fait que « il ne nous semble pas approprié d’utiliser une liturgie extraordinaire qui n’est pas celle de la très grande majorité des catholiques de France. »  Cet argument serait un argument de poids si dans le domaine de la Foi le nombre était le critère déterminant ce qui, vous en conviendrez je l’espère, n’est pas le cas. Mais il relève en fait du paradoxe le plus incroyable lorsque l’on sait (cf : votre propre site Internet) que vous avez diffusé le dimanche 15 avril dernier à 10h55 la messe dominicale depuis le grand séminaire de rite copte catholique du Caire. Allez-vous nous faire croire que le rite copte est plus « approprié » aux catholiques de rite latin que le rite latin lui-même fût-il extraordinaire ?

 Malgré les ouvertures du Saint Siège et les demandes renouvelées pour une application large des autorisations et à présent, la reconnaissance que le rite « ancien » n’a jamais été abrogé, nous en sommes toujours au même ostracisme de la part de ceux qui tiennent les postes d’autorité dans l’Eglise qui est en France.

 Mgr Lefebvre avait demandé au Pape Paul VI de pouvoir faire « l’expérience de la Tradition ». Ce n’est pas semble-t-il, demain la veille, puisque l’on ne veut même pas montrer la messe de Saint Pie V à la télévision ! Aurait-elle quelque chose de scandaleux, de choquant, au point que les ondes lui soient fermées ? Je ne pense pas que ce soit là la raison. Le motif que vous ne pouvez donner, mais que je crois le seul juste et vrai, c’est que montrer le rite de Saint Pie V à la télé mettrait tellement en évidence la pauvreté du rite de Paul VI que le choix de vos téléspectateurs serait vite  fait ! Puisque ce ne sera pas « vu à la télé » vous ne risquez pas de créer de la demande. C’est ainsi que les journaux « catholiques » pourront continuer de titrer «  le Motu Proprio ne provoque pas de ras de marée ».

 Si vous voulez faire la preuve du contraire, il ne vous reste plus qu’à diffuser une messe tridentine (je vous conseille une messe solennelle avec diacre et sous-diacre) avec un bon commentaire et de bonnes traductions comme vous avez su le faire le 15 avril pour le rite copte catholique et nous faire ensuite part dans leur intégralité (bien sûr) des réactions des téléspectateurs.

 

Avec mon sacerdotal dévouement in Xto.

 

Abbé Erik Briols

L’abbé Erik Briols, est prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, professeur à l’école Saint Jean-Baptiste de la Salle de Camblain-l’Abbé (62).

.

Chapelle Notre-Dame du Rosaire

undefined

56 Avenue Emile Zola - Lille

169 Avenue Saint Maur - La Madeleine




Tramway : station Saint Maur

VIDEOS

Images aléatoires

Croisade du Rosaire

 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés